Aller au contenu principal
#Stratégie

« L’Assurance Maladie prouve sa capacité exceptionnelle à innover pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire »

#France entière

Thomas Fatome, directeur général de la Cnam depuis sa nomination en Conseil des ministres le 29 juillet dernier, prend ses fonctions cette semaine, succédant à Nicolas Revel. Il nous livre ses premières réflexions sous la forme d’une interview « 3 questions à ». test

Article publié le 24/08/2020
Thomas Fatome, nouveau directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam) et de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), lors de l’interview du 20 août 2020.

Vous avez été directeur de cabinet de Frédéric Van Roekeghem de 2005 à 2008 puis directeur de la Sécurité sociale au ministère de la Santé de 2012 à 2017. Vous retrouvez l’Assurance Maladie à laquelle vous vous attendiez ?

Je n’arrive pas en terrain inconnu car à travers les différentes fonctions que j’ai exercées depuis mon départ de la Cnam, j’ai toujours gardé une relation professionnelle ou personnelle avec des acteurs de l’Assurance Maladie. Mais, c’est vrai qu’en prenant mes fonctions dans le contexte si particulier que l’on connait aujourd’hui, je retrouve un réseau qui a su rester remarquablement présent sur son cœur de métier - garantir la continuité de service et de ses missions socles pour les assurés, les professionnels de santé et les entreprises - tout en prouvant sa capacité à innover pour répondre, dans un laps de temps exceptionnellement court, aux enjeux de la crise sanitaire. Je pense notamment aux nouveaux téléservices mis en place durant le confinement pour bénéficier rapidement de compensations d’indemnités journalières, sans oublier bien sûr le contact tracing. Il s’agit là d’une nouvelle mission éminemment importante pour casser les chaînes de contamination. Ce dispositif constitue un défi à la hauteur des compétences de l’Assurance Maladie qui s’appuie sur le réseau administratif et médical de l’Assurance Maladie, son système d’information, sa capacité à dialoguer avec les assurés dans le cadre des enquêtes sanitaires. Nous pouvons être fiers du rôle éminent que joue l’Assurance Maladie dans le combat contre le Covid-19. J’ai par ailleurs pleinement conscience que la période que nous vivons impacte en profondeur nos conditions de travail, nécessitant une adaptation de chacun d’entre nous. Cela demande à tous un effort supplémentaire, c’est pourquoi nous devons continuer d’être solidaires dans l’exercice de nos missions.

Vous arrivez à mi-parcours de la convention d’objectifs et de gestion (COG) 2018-2022. Quels sont les dossiers stratégiques sur lesquels vous porterez particulièrement votre attention et pourquoi ?

La COG doit se regarder à l’aune de la situation que traverse notre pays. L’environnement économique et social est difficile et va certainement perdurer. Ainsi, trois projets au cœur de la COG prennent aujourd’hui un relief particulier et doivent concentrer toutes nos énergies. D’abord, l’accès aux droits et aux soins dans la continuité de ce qui s’est fait en matière d’accompagnement des publics en situation de précarité et de détection du renoncement aux soins. Puis, l’organisation territoriale de l’offre de soins : il convient d’accélérer les processus de transformation des projets déjà sur les rails, à l’image des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), de l’accès aux soins non programmés, sans oublier le développement de la télémédecine, qui est un enjeu immédiat pour les semaines et mois à venir. Enfin, le numérique est un levier majeur pour notre institution. Ces trois chantiers incarnent aussi d’une certaine manière l’individualisation de la relation que l’Assurance Maladie s’attache à entretenir avec les assurés, les professionnels de santé et les entreprises. En clair, notre ambition se fonde sur notre capacité à rendre un service spécifique et adapté à la situation de chacun dans une logique d’efficience.

Afin de nous permettre de mieux vous connaître, pouvez-vous nous raconter comment s’est développé votre intérêt pour les politiques de santé, et plus largement, pour les questions sociales ?

En fait c’est sans doute d’abord lié à ma culture familiale dans la mesure où je suis fils d’un médecin généraliste. Ma sœur est elle-même pédiatre et il y a plusieurs générations de professionnels de santé  parmi mes proches. On parlait beaucoup médecine ou santé à la maison quand j’étais enfant.

Ensuite, par appétence pour ces sujets, j’ai développé une expertise dans le champ de la protection sociale au rythme des postes que j’ai exercés depuis une quinzaine d’années. J’ai donc naturellement continué sur ce chemin et j’y ai vraiment pris goût. J’ai toujours été convaincu qu’une protection sociale de haut niveau était un atout pour notre pays. D’où mon engagement aujourd’hui au service de l’Assurance Maladie.

Ceci pourrait également vous intéresser